Arbeitsblatt: Facebook und espace personnel

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Artikel aus www.20minutes.ch. Es geht um Privatsphäre in einer globalisierten Welt
Französisch
Textverständnis
klassenübergreifend
3 Seiten

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560
8
04.02.2010

Autor/in

Ineli (Spitzname)
Land: Schweiz
Registriert vor 2006

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Textauszüge aus dem Inhalt:

Récemment, le New York Times racontait lhistoire du président de Disney qui, convoyant sa fille et ses deux amies dans la voiture, sétonnait de les entendre tapoter des sms pendant le trajet. Tes amies sont là, ça ne se fait pas! Mais papa, nous sommes en train de nous écrire, je ne veux pas que tu entendes ce que jai à leur dire! Ce que la petite fille revendique, cest son droit à lintimité. Voilà qui dément ce que beaucoup dadultes pensent des adolescents daujourdhui exhibitionnistes, narcissiques, impudiques, incapables de faire la différence entre vie privée et vie publique. Autre génération Mais comment pourraitil en être autrement? Filmés avant de sortir du ventre de leurs mères, élevés avec la vidéosurveillance, suivis à la trace au moindre achat sur Internet, les adolescents de 2010 ont grandi avec le numérique qui, «par nature, nest pas un espace confidentiel puisque tout est copiable et diffusable» dit Stephanie Booth, blogeuse de réputation mondiale, consultante et formatrice en médias sociaux. La fin de la confidentialité La remarque de la petite fille va dans le sens des déclarations de Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, entreprise à la tête de 350 millions de membres. Lundi, le jeune patron de 26 ans annonçait que «les gens sont de plus en plus à laise de partager davantage dinformations, avec davantage de gens, et que la norme social avait changé.» Dès le lendemain, plusieurs éditorialistes sinquiétaient de la fin possible de la vie privée. Mais questce que la vie privée? Questce qui la fonde et la définit? Aucun problème légal En Suisse, sur le plan juridique, la notion est plutôt flexible. «La base légale est dans un article du code civil, le 28, mais il nen donne pas de définition. Cest la jurisprudence qui en fixe les contours», dit Manuel Bianchi della Porta, associé de lEtude BCCC. Pour cet avocat spécialisé dans les médias électroniques, Facebook ne pose aucun problème légal en soi, contrairement à GoogleStreet, par exemple, qui peut vous photographier à votre insu dans un espace public. «Personne nest forcé daller sur Facebook. Si on accepte dêtre membre de ce réseau, on en accepte les conditions. En principe, et malgré ses paramètres par défaut, cest vous qui avez la maîtrise des informations que vous livrez.» Et si dautres diffusent des informations erronées sur vous? «Si ces informations ont un contenu illicite (par exemple, diffamation ou atteinte à lhonneur), la loi dispose doutils, mais, en Suisse, ils ne sont pas spécifiques à Internet. » Notion mouvante La sociologie seraitelle plus précise? «La vie privée est une notion floue et finalement assez récente. Elle se démocratise au milieu des années 50, avec lémergence de la classe moyenne et lamélioration des conditions de vie des classes populaires», précise Sami Coll, sociologue des nouvelles technologies à lUniversité de Genève. Quatre niveaux «Si on ne peut pas la définir clairement, on peut néanmoins lappréhender sur quatre niveaux. 1) le territoire, cest la différence entre espace privé (maison) et lespace public (la rue). 2) lintégrité corporelle. 3) Le droit de communiquer avec quelquun en ayant la garantie de ne pas être espionné, quelque soit le support. Enfin, la protection des données, compris celles qui touchent aux émotions et aux goûts personnels, sachant que chaque personne dispose dun patrimoine dinformations: santé, compte en banque, origine social etc.» Enjeu économique Cest cette dernière dimension que le patron de Facebook voudrait abolir, par goût de la transparence, certes, mais essentiellement pour des raisons économiques. Plus la société bénéficiera de données, plus il est facile de les négocier avec des sociétés de marketing. Pour Stéphanie Booth, le but de cette stratégie «est la course au «real time» sur internet. «Facebook est en concurrence avec Twitter et ne peut pas se permettre davoir moins dinfos en direct accessibles que son rival.» Ce qui changé Alors que les parents ne voient dans le Net que violation de la sphère intime, dangers pédophiles et mise en pièce de la sphère intime, les adolescents eux lenvisagent comme un espace de construction identitaire et de liberté. Liberté qui est aussi une composante de la sphère privée. Limportant pour eux est déchapper à la surveillance de leurs parents, de saffranchir de la sphère familiale. Big Brother, cest la maison, pas la Toile et ses filets! Libéraliser linformation Il a donc bien un glissement dans leur perception de la vie privée. Au point dailleurs que certains observateurs américains comparent cette libéralisation des données personnelles à ce qui sest passé dans les années 70 avec la sexualité. «Libéraliser linformation comme jadis on libéralisait la sexualité, dit Sami Coll. Mais estce vraiment une libéralisation? On est peutêtre passé de lunivers paranoïaque de 1984 à la normalité euphorique du Meilleur des mondes. Car Facebook, cest un peu un «fun system». Le bonheur devient une norme et une contrainte sociale.» La fin du secret Cette nouvelle approche de la vie privée qui aspire à la transparence marqueraitelle la fin de lère du secret? Non, on na toujours quelque chose à cacher. «Une ado peut se montrer nue sur Facebook, fait relativement rare, mais ne pas oser reconnaître quelle aime Madonna, par exemple, parce que ça peut paraître ringard auprès de ses copines. Il ne faut pas oublier que Facebook est aussi un espace collectif, une vitrine du statut social», précise Sami Coll. Droit à loubli Et le fait que tout soit consigné? Que le passé puisse devenir un passif? «Peutêtre faudraitil faire une loi qui matérialise le droit à loubli, en imposant, par exemple, une date dexpiration de certaines données», imagine le sociologue. Pour Stephanie Booth, ce nest quune question de temps et dusage. «Il a dix ans, on trouvait bizarre de mettre sa photo sur le net, aujourdhui, tout le monde le fait. Bientôt, les futurs directeurs dentreprise auront leurs photos où ils buvaient comme des trous, et cela ne fera plus scandale».